Je me souviens d’un message reçu il y a quelques années, une personne que j’avais rencontré via un groupe photo sur Facebook : »Tiens regarde, il y a un concours photo là-bas, sur le thème « mains », je me suis dit que c’était fait pour toi !« 

Et aujourd’hui j’écris cet article.

Je ne me doutais pas à l’époque que je continuerai, après quatre ou cinq ans, à photographier des mains. Il faut dire que ça a commencé par hasard, pour des raisons peut-être un peu étonnantes. Et pourtant, 19 février 2017, cinq ans plus tard, je vous poste cette photo backstage  sur Facebook. Photo backstage d’une séance dont vous avez déjà vu quelques images sur Facebook, Flickr, ou Insta, et pour laquelle j’ai choisi les mains comme sujet.

Un lieu qui a été témoin de plusieurs étapes importantes de mes débuts en photo, un sujet assez récurrent dans mon travail, et un des premiers posts de ce blog… je me suis dit que cette série était peut être l’occasion de vous parler un peu de comment j’ai commencé la photo !

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Comment tout a commencé

Certains d’entre vous se rappellent très certainement de cette période, il y a cinq ans à peu près, qui a vu naître sur les réseaux sociaux une soudaine passion pour la photo, et avec elle une grande communauté super active de photographes (amateurs le plus souvent). On partageait, on échangeait, on organisait des concours et des jeux, on créait des catalogues, des portfolios…

On peut vraiment reprocher beaucoup de chose à  la manifestation de cet engouement soudain pour la photographie, qui a plus pris la forme d’un phénomène de mode, mais si je décide de commencer par là c’est que, malgré tout, c’est probablement pour beaucoup grâce à ça que j’ai, non pas commencé à prendre des photos, mais continué et progressé. Grâce à cet esprit de partage et d’échange, et grâce aux avis et conseils de personnes vraiment passionnées, dont certaines avec qui je suis encore en contact aujourd’hui.

Cette année là donc, j’avais quatorze ou quinze ans, mes parents m’ont offert pour Noël La boite à idées photographique » de Kevin Meredith, un bouquin que j’avais en fait repéré par hasard à la Fnac. Mon expérience à l’époque se résumait à quelques photos prises à l’occasion de voyages en famille (dont quand même une photo en particulier, je me souviens, qui n’avait rien de vraiment exceptionnel mais qui a fait ma fierté pendant quelques années pour plusieurs raisons, je vous en reparlerai peut-être un jour :p). Peu d’expérience donc, et aucun intérêt vraiment prononcé pour la photo à l’époque, mais le bouquin avait l’air sympa, les idées proposées étaient pour la plupart assez accessibles et n’imposaient aucun matériel particulier alors, curieuse, j’ai tenté le coup.

Le 25 au matin, après avoir ouvert le-mystérieux-paquet-que-je-n’attendais-pas-du-tout, je courrais déjà partout dans la vieille maison où je passais mes vacances, avec le petit compact que j’avais à l’époque. Je m’allongeais par terre pour changer de point de vue – alors que je n’avais jamais pensé à ce que pouvait être un point de vue classique en photo -, et à tenter de réaliser un « bokeh », cet effet « ronds de lumière en arrière plan » qui est devenu si populaire à l’époque (avec un compact, sans presque aucun réglage manuel possible, je vous laisse imaginer ma motivation… je vous montrerai un jour ces photos, promis !).

En fait je me suis très vite passionnée pour tout cela, j’adorais surtout découvrir les côtés un peu techniques, ce que j’ai surtout pu faire un peu plus tard, quand je me suis mise à piquer de plus en plus souvent le bridge de mon père, qui offrait la possibilité de régler la mise au point manuellement, l’ouverture, la vitesse, la sensibilité… ce qui me donnait déjà de quoi faire.

Mais tout cela n’explique pas pourquoi je me suis mise à photographier des mains.

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Panne d’inspiration

Le fait est que j’ai rapidement commencé à partager tous ces essais sur Internet, parce qu’on m’y a encouragé, parce que je me suis vite rendue compte qu’il existait cette communauté active et assez attrayante, et parce que – il faut bien l’avouer – c’était cool à quatorze ans de créer son propre site (j’ai dû ensuite tester quasiment toutes les plateformes gratuites disponibles, juste pour essayer les options de personnalisation du design, j’adorais faire ça !).

Pour moi, la pratique de la photo était forcément liée au partage sur Internet, l’un n’allait pas sans l’autre au début, non pas parce que je pensais que mes photos valaient la peine d’être vues, mais parce que c’était un moyen de faire des rencontres, de se donner des avis, des conseils, et effectivement je pense pouvoir dire que j’ai pas mal progressé dans ce contexte là – grâce à ces échanges, et grâce à cette ambiance qui a fait que la photo est devenue une part très importante de ma vie à cette époque: je ne faisais que ça.

Il n’y avait qu’une limite à tout cela: il était impensable pour moi de révéler mon identité sur internet, ou de publier des photos de moi. Or très rapidement, après avoir photographié mon jardin en long, en large, et en travers, après avoir exploré tous les recoins de ma chambre, du flacon de parfum que j’avais reçu à Noël aux boucles d’oreilles en passant par les poignées de porte – j’exagère à peine – je me suis retrouvée en panne d’inspiration.

Aujourd’hui je pense que j’irais justement chercher dans cette absence de sujet quelque chose à penser, je pense que j’irai plus loin dans l’exploitation des sujets que j’avais en fait à disposition. Mais à l’époque, j’avais besoin d’avoir quelque chose de nouveau à photographier. J’ai voulu faire du portrait, mais qu’il s’agisse de moi ou d’amis, se posait toujours ce problème de l’anonymat.

Et c’est comme que j’ai commencé à prendre en photo des mains. A partir d’une contrainte qui s’était imposée à moi, ou que je m’imposais à moi-même. Envie d’approcher l’humain, le corps humain, et en même temps refus de trop en montrer. On pourrait très justement se poser la question de l’intimité dans le cas des mains, mais à l’époque ça m’a paru être le compromis idéal.

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Photographier les mains

Avec le temps, et même si un jour poster des photos de moi ne m’a plus dérangé, j’ai continué de prendre en photos des mains (petit aperçu dans cet album).

D’abord, parce que c’était très difficile, d’autant plus qu’au départ je n’avais pas de trépied. J’avais bien imaginé un petit système d’accumulation de livres sur deux chaises superposées… mais ça n’a pas fonctionné très longtemps :p Il fallait donc tenir l’appareil et être à la fois devant, pour poser, et derrière, pour prendre la photo. Autant vous dire tout de suite que j’ai mis un peu de temps à dépasser le stade « bras-tendu-en-avant-en-signe-d’espoir » (oui il faut bien se moquer un peu de soi-même).

Mais ensuite, même avec un trépied et tous le matos nécessaire, c’est le problème inverse que l’on rencontre. L’infinité. Ce ne sont que des mains, mais en elle-même elle concentrent une bonne parties des questions que l’on peut se poser en photo: les points de vue, les cadres, les poses, les mouvements / non mouvements, les éclairages possibles, mises au point, choix de du fond.

C’est donc encore un très bon exercice pour moi aujourd’hui. Je fais souvent de l’autoportrait pour des raisons évidentes de praticité (disponibilité et surtout patience, j’ai toujours peur d’ennuyer un modèle avec tous les tests que j’ai l’habitude de faire). La photographie de main me permet de travailler à la fois la prise de vue et, d’une certaine manière, la pose.

L’avantage, c’est que les possibilités sont infinies, et les mains très expressives ! Et encore, pour ma part, à cette exception près, je n’ai encore photographié que mes propres mains ! Autant dire que j’ai encore de quoi faire.

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Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui et dans les mois qui arrivent, je pense élargir mon champ d’étude au corps dans son ensemble.

J’ai déjà commencé à m’intéresser à la question, comme vous avez pu le voir avec les différentes interviews que je vous ai proposé ici: Léa Pons et l’autoportrait, le corps de poupée et la représentation des phobies avec Andie Lewis, les liens entre corps et âmes avec Charleen… et d’autres qui arrivent très bientôt, j’ai hâte de partager cela avec vous !

J’ai notamment un projet en tête… vous en saurez plus bientôt !

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J’ai assez peu photographié depuis deux ans (il y a un truc qui s’appelle la prépa, c’est super sympa mais ça prend pas mal de temps :p), mais tout en réfléchissant et en mettant en place divers projets pour les mois qui arrivent, je continue de ressortir l’appareil de temps en temps (jamais bien loin), que ce soit pour tester des idées, ou tout simplement pour voir où ça me mènera.

C’est ce que j’ai fait ce jour là. De retour dans cette maison qui a vu naître et grandir ma passion pour la photographie, j’ai ressorti les vieux miroirs, le trépied cette fois-ci, la télécommande, et je me suis laissée guider par la lumière, par les contraintes du bois, celles des miroirs, par l’envie longtemps frustrée de d’entendre à nouveau ce son si caractéristique de l’obturateur qui s’ouvre et presque immédiatement se referme sur la lumière capturée.

J’en ai profité pour faire ma photo pour le thème « Comme dans un rêve » proposé pour le #projetplaceblanche ! C’est par ici pour voir les autres propositions !


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