En prépa littéraire, on lit assez peu de romans contemporains. Amours sur mesure est un roman paru en 2016. Les personnages s’y rencontrent sur Grindr, s’envoient des textos, se disent en relation libre… et j’ai été très étonnée de voir que la présence de ces éléments contemporains ait pu gêner certains lecteurs, certaines lectrices.

Parce qu’on attend des romans de belles histoires d’amours – et par là comprendre: à deux et pour toujours.

Parce que nos modes de communication actuels, ceux que l’on utilise tous les jours, ne nous paraissent pas très poétiques.

Ou tout simplement, parce que cette modernité, dans un roman, nous déstabilise. On n’en a pas (encore ?) l’habitude.

Nous avons eu la chance de rencontrer Mathieu Bermann, l’auteur du roman, et de discuter avec lui des rapports entre écriture et modernité, de l’intemporalité de l’amour, de ce qui fait art dans un roman, de ce que c’est que d’écrire l’amour aujourd’hui, au XXIème siècle.


M. : Dans votre roman, vous faites intervenir des objets contemporains tels que l’application Grindr, les textos… Ce sont des objets qu’on pourrait dire « non littéraires », parce qu’on n’a pas l’habitude de les voir dans un livre, et c’est quelque chose qui m’a gêné: pas seulement de voir ces objets dans un roman, mais surtout parce que j’ai eu l’impression de ne pas avoir assez de recul pour me faire un avis sur le roman.  

Mathieu Bermann : Ces objets ne sont pas dans les livres, mais ils sont dans la vie. Votre remarque est intéressante, elle pose la question suivante : « à quel moment quelque chose doit entrer dans la littérature ? » Peut-être que les écrivains doivent justement s’en emparer. Il y a beaucoup d’exemples dans la littérature, des auteurs qui ont pris des éléments du monde contemporain.

Cela pose aussi la question du lecteur : s’il se reconnaît trop dans l’œuvre – ce qui peut être permis par la présence d’objets contemporains – , il se demande : « est-ce que c’est romanesque ? Est-ce qu’il y a un héros ? » Quand j’ai écrit le résumé pour la quatrième de couverture, j’ai commencé par : « le héros », et l’éditeur m’a dit : « non, héros, il ne faut pas exagérer » *rires*. Il faut donc aussi se poser la question de comment est-ce qu’on se place par rapport à ce qui est écrit…. et en même temps, il n’y a rien de plus fuyant que la modernité.

« Cela pose la question suivante: à quel moment une chose doit-elle entrer dans la littérature ? »

D. : Justement je trouve que cela pose aussi la question de l’identification, il y a dans le roman une façon de parler de l’amour qui passe souvent par le prisme du sexe, j’ai eu du mal à m’identifier là-dedans, alors je me suis demandée : « est-ce que c’est comme cela qu’on pense l’amour ? » Et finalement je me suis rendue compte que c’est peut-être effectivement ces discussions que nous avons sur l’amour, aussi crues, et j’ai trouvé ça triste. Le livre m’a perturbé dans la vision qu’on peut avoir de l’amour, et dans la vision que les gens peuvent avoir de nous qui parlons ainsi.

MB : Vous dites que le narrateur voit l’amour par le prisme du sexe. C’est vrai, mais ses deux grands amours dans le roman sont dépourvus de sexualité ! Il a des rapports sexuels mais avec des personnes qui sont de passage. Le narrateur dissocie le plus souvent amour et sexualité, il dit que c’est génial quand on peut associer les deux, mais parfois il y a de l’amour sans sexualité. Le narrateur n’a pas peur de l’engagement, il reste avec Lisa, après tant d’année, et il a envie de rester. Il a envie de liens, mais parfois il se demande si ce n’est pas finalement que du vide, quelque chose créé à partir de rien, comme un fantasme. En même temps, l’amour existe-t-il ailleurs que dans notre tête ?

Pour en revenir à la question morale, il ne faut pas se leurrer. Même si leur langue est impeccable, Balzac, Racine, parlent aussi d’amour charnel, il y a aussi du corps chez eux. Ce serait une erreur de dire qu’avec la modernité on accède au langage du corps, pensons à La Fontaine, aux Liaisons Dangereuses, à Bel Ami

« Même si leur langue est impeccable, Balzac, Racine, parlent aussi d’amour charnel. »

L. : Je me demande si cette immédiateté, cette adéquation entre le réel et ce qui est écrit ne pourrait pas nous empêcher de voir le réel justement: est-ce qu’il ne faut pas une distanciation ? Si on n’a pas de distanciation, qu’est ce qui fait art ? Je me suis demandé pourquoi avoir choisi le roman d’ailleurs, et pourquoi se priver du lyrisme (au sens, ce qui fait poésie dans un texte) : il y a un style dans la syntaxe, mais pas d’images, pas d’images poétiques.

MB : Qui pour vous serait représentatif de ce lyrisme dans le roman au XXème siècle par exemple ?

L. : Aragon par exemple.

MB : Deux choses pour vous répondre… Tout d’abord, je n’ai pas travaillé Aurélien comme vous, je l’ai lu, mais moi – je vais me faire lyncher en disant cela – ça ne me parait pas très poétique, ou du moins pas toujours. Quand on compare aux poèmes d’Aragon… Quand on lit comme ça, il y a plein de passages qui sont loin d’être poétiques quand on sait le potentiel poétique d’Aragon ! On a l’impression que parfois Aragon sous-écrit, qu’il fait volontairement du plat. Encore une fois je n’ai fait que le lire sans l’étudier.

La deuxième chose qui me surprend, c’est que vous vous attachiez autant à cette notion d’actualité. Peut-être que les gens ne se rencontrent pas de la même façon aujourd’hui qu’au XXème siècle ou que chez Racine, mais une fois qu’on s’est rencontré, que ce soit au théâtre, dans un jardin ou sur un site de rencontre, que ce soit envoyé dans un sms, dans une lettre ou dans une tirade, je crois qu’il y a quelque chose qui relève de l’intemporalité. Je trouve qu’il ne faut pas trop s’attacher à cette question de la modernité.

Il y a un livre qui m’est cher, et qui pose justement cette question : Ce qu’aimer veut dire, de Mathieu Lindon. L’auteur raconte des rencontres qu’il fait dans les années 70, avec Michel Foucault. Ils prennent beaucoup de drogues, etc, et les journalistes disaient : « c’est quelque chose de générationnel que vous racontez ». Mais Lindon dit non : lui raconte l’amour, mais pas d’un point de vue générationnel.

L’amour est ancré dans une époque, une génération, mais il faut en sortir, et peut être que des gens de cinquante ans aujourd’hui vivent ce que je raconte dans le roman, même s’ils n’ont pas vingt-huit ans comme le narrateur. Il ne faut pas que cette modernité soit une entrave pour voir ce qu’il y a d’universel dans l’amour.

« Peut-être que les gens ne se rencontrent pas de la même façon aujourd’hui, mais une fois qu’on s’est rencontré, que ce soit au théâtre, dans un jardin ou sur un site de rencontre, je crois qu’il y a quelque chose qui relève de l’intemporalité. »

E. : Je ne sais pas si la modernité ne fait pas entrave. Ce qui bloque à mon avis n’est pas le fait que vous insériez des caractéristiques du monde moderne, mais le fait qu’on ne trouve pas forcément ce côté esthétisant qui rend à l’œuvre son intemporalité. Puisque le style est direct, assez sec, froid, on a peut-être quelque chose qui manque de lyrisme, d’artistique… J’ai l’impression que les choses sont insérées dans le roman comme si on les insérait dans une conversation.

MB : Je pense que le terme que vous voulez, c’est « littérarité » plus que lyrisme : à quel moment un paragraphe ou une phrase devient littéraire ? C’est cette littérarité que vous remettez en cause.

C’est une grande question, et je ne vais pas défendre la littérarité de mon texte, mais je vous fais part de remarques qui m’ont été faites. Vous dites que ça ne change pas beaucoup de nos conversations, mais je crois qu’il faut avoir conscience que vous [ndlr : la classe] formez une bulle, un lectorat très particulier. Or on écrit pour des gens qu’on ne connaît pas, on ne sait pas qui nous lira, et certains lecteurs m’ont reproché d’avoir écrit un roman sur-littéraire ! La question est de savoir qui décrète la littéralité d’un texte. Ce n’est pas non plus forcément le grand public, mais il faut garder en tête qu’on s’adresse à un public très varié.

Pour ma part ce qui m’intéresse – non pas en tant qu’enseignant mais quand j’écris – c’est justement de ne pas faire trop littéraire. Souvent quand j’écris une phrase, que je la travaille, j’ai l’impression qu’à la phrase d’après je dois ajouter quelque chose de plus oral. Aujourd’hui on n’attend pas des écrivains qu’ils écrivent bien, quand on dit « il écrit bien », c’est toujours un peu suspect.

B. : Je me suis demandé à ce propos si vous écriviez pour un certain type de public. Ça m’a dérangé de me dire : là on vise un type de personne. Est-ce que dans un livre on veut rester dans l’univers d’aujourd’hui ou est-ce qu’on peut encore dire : « non, moi je cherche de grandes histoires d’amour » ? Je suis restée assez bloquée sur l’idée de que tout cela ne me correspond pas, je n’aime pas qu’on parle de SMS dans un livre. J’ai eu l’impression d’un livre qui veut parler au grand public, parce que ça parle aux gens de ce qu’ils connaissent. Pour moi, c’est trop ce que beaucoup de gens veulent dans notre génération.

MB : Je peux vous raconter comment j’en suis venu à écrire ce roman. J’ai commencé à écrire il y a longtemps, et je faisais des romans impersonnels : « je pense qu’il faut écrire ça, que les gens attendent ça »…. et ça ne marchait pas, les éditeurs n’en voulaient pas. Et puis j’ai commencé à écrire ce qui m’intéressait moi : l’amour, le désir, la sexualité… et c’est là que ça a fonctionné.

Enfin, la majorité des éditeurs disent non, et puis il y en a un qui dit oui. Un éditeur m’a envoyé un mail deux jours après avoir reçu le manuscrit (ce qui est rare), et m’a dit qu’il manquait quelque chose effectivement, que c’était trop léger. Et l’éditeur de POL, lui, a accepté le livre justement pour cette légèreté qui avait déplu à d’autres. Je n’ai donc pas cherché à plaire au plus grand nombre, mais à moi.

« J’ai voulu montrer comment il gère, avec plus ou moins de bonheur, l’écart entre son idéal de vie et la vie réelle. »

A. : Je pense qu’on est confronté à des discours, mais je ne pense pas que ce soit un mode de vie général. Si on lit la presse, c’est vrai que les « relations libres » sont des modes de vie valorisés. Et puisqu’on parle de la modernité, pour moi qui ai un avis assez mitigée sur le livre, c’est cette modernité qui m’a le plus plu. J’ai trouvé intéressant d’exploiter avec nos moyens actuels quelque chose de littéraire : la scène de jalousie, par exemple. C’est un peu comme si on faisait aujourd’hui un roman épistolaire avec des mails, ou Messenger et son « message vu », ce serait passionnant ! 

MB: Il me semble effectivement qu’on entend souvent parler d’amours libres, de couples à trois… Ce qui est intéressant c’est que le narrateur a envie de vivre ça, et pourtant il n’y arrive pas toujours. J’ai voulu montrer comment il gère, avec plus ou moins de bonheur, l’écart entre son idéal de vie et la vie réelle.

Ma. : On a beaucoup parlé de la modernité. Personnellement ce n’est pas ce qui m’a ni gêné ni particulièrement plu. Ce qui m’a plus intéressé c’était le rapport à l’amour et à la sexualité. Il y a une certaine simplicité dans l’écriture et dans ce qui est évoqué. Je trouve que depuis quelques années on colle beaucoup d’étiquettes, de sorte que ce ne sont plus des relations libres mais des relations au contraire très cadrées : je me revendique comme gay, bi… jusqu’à en devenir trop. Au contraire j’ai trouvé qu’ici il n’y avait pas ce « trop ». Il s’agissait juste d’aimer des personnes, mais sans se poser de question. Si on est dans une époque de tolérance, on ne devrait pas se poser ces questions-là, et c’est ça qui m’a paru intéressant et… poétique.

L. : Je trouve qu’au contraire le narrateur met beaucoup d’étiquettes, il y a même le mot « catégorie » à un moment ! *rires* Plan cul, ami, entre les deux… même s’il dit ne pas vouloir définir ses relations, en réalité il le fait, il n’est pas si libre que ça, j’ai l’impression qu’il a quand même besoin de savoir où il va.

MB : C’est ce que nous disions tout à l’heure, il doute, et donc il a besoin de se raccrocher à des mots… des étiquettes. Je pense qu’à la fin il arrive à dire : « non, peu importe », mais oui il y a des moments de doute : quand il y a des étiquettes et des catégories, ce sont des moments de doute. Dans le résumé j’écris « entre deux », je crois que c’est ce qui lui plait. Il a la volonté de se détacher de ces étiquettes, mais en même temps c’est difficile pour lui.

M. : J’ai l’impression de lire les Fragments d’un discours amoureux [ndlr: de Barthes] mis en roman.

MB: Je cite Barthes dans le livre, oui évidemment ce livre est très important pour moi, et fondamental. Peut être effectivement que je l’ai mis en roman, peut-être inconsciemment, je ne sais pas si c’est réussi… Mais en tout cas ce n’est pas désagréable d’entendre ça !

«  »Entre deux », je crois que c’est ce qui lui plait. »

B. : On étudie beaucoup les circonstances de l’écriture dans les romans… Si ce n’est pas indiscret, quand l’avez-vous écrit, comment ?

MB : Je l’ai écrit il y a deux, trois ans… Il se trouve qu’au début quand on écrit, on tâtonne, parce qu’on ne trouve pas très bien le ton, les personnages… Une fois qu’on a trouvé ça, ça va assez vite, je l’ai fait en six mois plus ou moins, mais il y a un travail de préparation avant. Il se trouve que je l’ai écrit quand j’enseignais à la fac, je travaillais à Grenoble et habitais à Lyon, donc j’écrivais beaucoup dans le train.

O. : Avez-vous pensé à l’édition dès le départ ?

Je pense qu’on écrit toujours dans le but d’être édité. Moi c’était clair, même si ça ne va jamais de soi, même si c’est compliqué. Et même quand on en a publié un, ça ne veut pas dire qu’on en publiera d’autres.

C. : Quant au rapport que vous avez aux personnages, puisque vous dites de votre narrateur : « je ne pense pas qu’il veuille… », ou : « je crois que… »… est-ce qu’à un moment quelque chose vous échappe par rapport à ce que vous avez pu mettre dedans ?

MB : Oui d’une certaine manière, parce qu’on met en place des choses, pour des raisons qui ne sont pas forcément littéraires d’ailleurs : on change le sexe d’une personne pour qu’elle ne se reconnaisse pas dans la vie, par exemple. Et puis il faut faire vivre les choses qu’on a posées. Et plus le livre avance, plus on est contraint par ce qu’on a déjà écrit.

Il y a donc des choses qui échappent, oui. Mais il y a peut-être un inconscient de la modification, si on opère telle ou telle modification, parfois pour des raisons très prosaïques, ce n’est pas anodin, on le fait par rapport à ce qui nous intéresse.

« Il ne faut pas que cette modernité soit une entrave pour voir ce qu’il y a d’universel dans l’amour. »

V. : Pourquoi avoir choisi de ne pas donner de nom à votre narrateur ?

MB : C‘est vrai qu’il n’a pas nom, donc c’est très compliqué de faire des résumés *rire*. C’est très compliqué, oui il aurait pu se présenter, dire : « bonjour, je m’appelle… » Il y a peut-être un jeu sur l’identité auteur / narrateur, un flou qui s’opère… Mais je n’ai pas trouvé le besoin de le nommer, je n’ai pas cherché en fait. Je n’avais pas envie de faire un portrait du personnage, on ne sait pas non plus son métier, est-ce qu’il en a ou pas…

L. : Vous dites que maintenant on ne peut plus faire des livres qui sont bien écrits, alors que votre livre est très bien écrit. Je pense qu’on est en train de faire du beau quelque chose qui est daté alors qu’à mon avis c’est une notion intemporelle, et qui peut être lié à la modernité. Mais je ne pense pas qu’il suffise d’insérer des éléments du réel. Par exemple Clément Bénech a écrit un livre, L’Eté slovène, il y a un passage où on voit un personnage qui entre dans un magasin et rencontre une jeune femme, et lui demande son numéro. Et au lieu de le lui donner directement, elle prend un livre et corne les pages du numéro. Je pense que c’est une façon de montrer la modernité pour s’en emparer et la transformer.

MB : Je ne l’ai pas lu, ça a l’air très beau comme ouvrage oui. C’est romanesque.

O : Ce qui est très beau c’est le temps qu’il lui faut pour faire ça, prendre le livre, page après page, il y a une question de temps et de désir…

N. : Et en même temps, c’est encore devoir revenir aux livres, comme si on ne pouvait pas s’en passer pour faire quelque chose de beau. A-t-on vraiment besoin de cela ?


Sans titre 1

Mathieu Bermann a choisi de conclure notre rencontre avec ce mot de Roland Barthes dans une lettre à Hervé Guibert**. « Cette phrase est magnifique pour moi. « J’essaie de vivre selon les nuances de la littérature. » Ce qui est beau, c’est que la représentation qu’on se donne du geste modifie le geste, c’est ce que Barthes appelle un « effet de littérature », qui modifie le réel. On en vient à lire le réel, avec les outils de la littérature. »


Remerciements

Propos recueillis dans le cadre d’une rencontre organisée au lycée Thiers (Marseille) par Mme Osmani, professeur de littérature en Khâgne A/L.

Je tiens également à remercier notre proviseur, M. Eric Gallo, et les documentalistes du lycée, qui ont permis cette rencontre et nous ont accueillis dans les meilleures conditions.

Evidemment, un grand merci à M. Bermann ! Retrouvez-le sur Twitter (@MathieuBermann) et Instagram (@mathieu_bermann).


Notes

* Après une thèse sur les contes libertins de La Fontaine, Mathieu Bermann est aujourd’hui enseignant dans un lycée près de Lyon, après avoir exercé à l’université à Lyon puis à Grenoble. Publié en 2016 aux éditions POL, Amours sur mesure est son premier roman.

** Contexte : Lorsque Guibert a publié son premier livre, il l’a envoyé à Barthes et lui a demandé d’écrire une préface. Barthes, en échange aurait voulu « une nuit d’amour » [ndlr : selon les mots de Tiphaine Samoyault, biographe de Barthes] avec lui, et Guibert aurait refusé. S’en est suivi une correspondance, et Barthes a écrit une lettre que Guibert a publié six ans après la mort de Barthes dans L’autre journal. La lettre s’intitule « Fragment pour H », il utilise la troisième personne mais s’adresse à Hervé Guibert. 

Publicités